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23 mars 2010

Pourquoi? Pourquoi? LA question

En novembre dernier, lorsque j'ai officiellement fait mon coming out sur l'expérience que je m'apprêtais à vivre aux Jeux de Vancouver, je peinais à répondre lorsque les gens me demandaient "Pourquoi? Pourquoi veux-tu tout lâcher pour aller loin d'ici?" Le doute s'installait à chaque fois dans mon esprit. "Ouin. Ils ont peut-être raison? Pourquoi lâcher ma famille, ma routine, mon confort à la CIGM, mes collègues et bénévoles? Pourquoi aller à Vancouver, loin de tout?" Je revenais à la maison et m'échinais pendant des heures devant l'écran du laptop. Demandez à ma blonde ce qu'elle pense des semaines menant à mon départ... Rédiger des courriels, rédiger des billets sur le blogue, en apprendre plus sur Vancouver, sur les Jeux. Je vivais sans le savoir cette citation lue dans le bulletin de nouvelle quotidien des bénévoles de Cypress:

« I find the harder I work, the more luck I get »

Ces paroles viennent de Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis. Pas fou comme idée. Je l'ai intégrée dans la présentation que je fais aux jeunes dans les écoles. Grâce à celle-ci, la réponse à la fameuse question prend forme. J'ai décidé d'aller à Vancouver car:
  • J’organise des événements et coordonne des bénévoles;
  • Je suis curieux et voulait vivre de l'intérieur le plus gros événement international;
  • Je voulais revivre la magie de l’international, cette magie vécue en 1989 en Yougoslavie et en 1990 en Pologne. Cette magie que dégagent des gens de partout qui se retrouvent loin de chez eux et qui partagent une passion;
  • J’adore l’hiver et les montagnes …
Samedi dernier, le 20 mars, je devais animer un atelier au colloque du comité de parents de la Commission scolaire des Hautes-Rivières. Mon atelier n'a pas eu lieu car il n'y avait pas assez d'inscriptions. J'y ai été, afin d'entendre Martin Larocque prononcer sa conférence "Êtes-vous là où vous voulez être ?" J'y ai trouvé une autre excellente réponse. J'ai été à Vancouver car:
  • Je ne voulais pas passer le reste de mes jours à regretter d'avoir laissé filer cette opportunité.
Je le vois tellement dans les yeux des gens, ce regret des rêves non réalisés. La tête qui penche imperceptiblement, la tristesse dans le regard et dans les épaules. J'ai vaincu ma peur, contre vents et marées, pour vivre ces trois semaines qui marquent un point tournant dans ma vie.

Lorsque je pars en voyage, j'accomplis toujours le même rituel. Je me dirige vers une librairie et je laisse les livres m'interpeller. Le weekend avant mon départ, la Librairie au Carrefour à St-Jean-sur-Richelieu a donc reçu ma visite. Je ne pensais même pas y arrêter, moi qui suis un habitué du Renaud Bray et du Archambault de Brossard. Je marchais d'un pas rapide vers la sortie, lorsqu'une couverture bicolore portant une tasse de café et un point d'interrogation a accroché mon regard. Encore ce Pourquoi? qui me suit! Le texte en haut de couverture m'achève "Une histoire au sujet des occasions que l'on trouve à la croisée des chemins..." Vendu!

10 février. J'emporte trois choses avec moi dans l'avion. Le Why Café, mon calepin Moleskine et le stylo Pilot Dr. Grip Gel qui ne me quitte jamais. Je dévore le livre deux fois plutôt qu'une, dans les airs entre Montréal et Winnipeg, à une altitude de 38 400 pieds et une vitesse de 500 mph. En page 145, je lis deux phrases qui résument parfaitement bien ce que je ressens lorsque je suis dans les airs:

D'un point de vue universel, nos stress, nos anxiétés, nos victoires et nos défaites comptent bien peu. Mais c'est devant notre apparente insignifiance que nous trouvons le sens de la vie.

Depuis l'adolescence, je me pose sans cesse la question "Pourquoi suis-je ici?" Je n'ai jamais trouvé de réponse satisfaisante. Et là, alors que je survole la terre, en route vers un événement planétaire qui retiendra l'attention de milliards d'humains, la réponse se pointe, sous forme d'un livre de 146 pages qui se lit en une heure!

La coïncidence frappe encore plus alors que je m'amuse à écrire mon nom sous celui de l'auteur, puis du traducteur. Le nombre de caractères correspond! Un autre signe? Il me semble que la vie me dit: "Saisis-le Fortin! Ne laisse pas la peur t'engourdir une fois de plus!".

Pendant les Jeux, j'ai publié des billets quotidiens. Depuis mon retour, loin de cette énergie folle, je retombe dans la routine et dans la peur de ne pas être à la hauteur, de n'avoir rien à dire. Je saisis le Why Café pour relire mes notes, saisies là-haut à l'encre bleue. J'avais entre autre souligné ceci:

Pourquoi passons-nous tant de temps à nous préparer au jour où nous pourrons faire ce que nous voulons au lieu de tout simplement faire ce que nous voulons dès maintenant?

Ma mère me répète depuis toujours que je possède une superbe plume, que je devrais être écrivain. Certains profs du secondaire, du CEGEP, de l'Université de Montréal et de l'UQAM me l'ont aussi mentionné à maintes reprises. Je n'ai jamais osé. Pas le temps, pas assez bon, pas intéressant. Toutes les raisons sont bonnes pour passer à côté. J'ai toujours œuvré en communication-marketing, question d'assouvir en partie mon besoin viscéral de création. Aujourd'hui, je créé des événements. Tant de mes collègues pensent que je ne suis bon que pour réserver des salles et de l'audio-visuel... Est-ce moi qui disait ci-haut qu'il faut tout faire pour ne pas avoir de regret en quittant ce monde? Incroyable. Je n'exploite pas du tout mon plus grand talent. Je le cache. Encore ce mot. Pourquoi?

Mercredi dernier, Guy Bélanger, le président du regroupement commercial IC&I de la CIGM, m'a demandé de présenter mon expérience aux Jeux, lors d'une conférence qui regroupait une cinquantaine d'agents immobiliers. Quelle belle énergie! Pourquoi suis-je ici? Pour inspirer les gens. Voilà.

Demain soir, je vous résume ma présentation aux employés de la CIGM. J'ai douze minutes pour en raconter 30 240! De 12 h 15 à 12 h 27, je revêt mon uniforme de Schtroumpf et tenterai d'inspirer mes collègues! Et surtout, en convaincre certains que mes capacités dépassent de beaucoup la réservation de salle et d'équipement audio-visuel!

2 commentaires:

  1. Bravo Christian,
    Ton texte est très enrichissant, ta mère a bien raison quand elle dit que tu as une bonne plume. Tu devrais mettre ton expérience sur papier et en faire un livre. Quand on s'ouvre sur des expériences "internationales" comme tu le dis ou encore sur des moments de ce monde, on ne peut que récolter...
    Encore Bravo,
    Caroline.

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  2. J'approuve! :)
    Et encore une fois, tu as su rédiger un très beau billet.
    Roe xxx

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