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26 mai 2015

Un quart de siècle de vie commune

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La chaleur humide venue du Golfe du Mexique s’installe sur le Sud du Québec. Il y a vingt-cinq aujourd’hui, le mercure indiquait 25 degrés celcius à Amos, en Abitibi. Nathalie et moi y étions, avec la délégation de HEC. Le congrès régional du printemps d’AIESEC Québec battait la mesure. Des jeunes universitaires de partout au Québec nous accompagnaient.

Ce soir-là, une gentille petite fée nous a fait voir au-delà de nos rôles respectifs de vice-présidente affaires corporatives et président d’AIESEC HEC. Elle nous a eu par la gourmandise, alors que nous partagions bière et pizza dans le corridor. Il a suffit d’un regard, d’un sourire, dans lesquels l’éternité s’est glissée.

26 mai 1990. Château d’Amos. Là où nos routes se sont jointes.

En juin 1991, nous emménagions ensembles sur le boulevard Édouard-Montpetit à Montréal. En mai 1992, l’équipe fort dynamique d’AIESEC UQAT recevait à nouveau le Québec pour le congrès régional du printemps. Cette fois-ci, j’y étais directeur régional du Québec pour AIESEC Canada et Nathalie présidente d’AIESEC HEC. Le comité organisateur, connaissant notre histoire d’amour, nous avait réservé rien de moins que la suite nuptiale du Château d’Amos !

De jeunes étudiants fonceurs, rêveurs et impliqués, nous sommes devenus parents - Mathieu se joignant à nous en avril 1995, Roselyne en octobre 1997 et Félix en mai 2002 - puis des quarantenaires … fonceurs, rêveurs et impliqués.


Vingt-cinq années ensemble. Ce n’est pas rien, dans cette ère de l’instantané et du jetable. Notre secret ? S’accepter tels que nous sommes, avec nos forces et nos faiblesses, nos qualités et nos défauts (et dieu seul sait combien j’en ai !). Nathalie connait mon immense besoin de liberté, celui de vivre des événements où le tout est plus grand que la somme des parties et ma curiosité sans fin. Elle me permet d’explorer et de grandir.

Nous venons de vivre un quart de siècle marqué par les besoins des enfants. Ils grandissent et prennent peu à peu de la distance. Cet automne, Mathieu entre à l’université et Roselyne au cégep. Félix, à treize ans, n’est plus le bébé de la famille.


Que nous réserve le prochain quart de siècle ? Encore de l’amour, de la passion pour la découverte du monde et toujours cet immense respect entre nous.

Merci AIESEC UQAT pour ces deux weekends à Amos, en 1990 et 1992.

Merci papa et maman, merci Roger et Jeannine, de nous avoir donné des modèles de couples qui franchissent les épreuves main dans la main.

Merci Nathalie d’être la femme de ma vie.

…TRÈS…

xxx

23 avril 2015

Tourner la page.

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La pluie tombe, froide. Debout sur le sable, au pied de la structure en bois du parc nautique de Cap-Rouge, je laisse les souvenirs m’envahir. À ma gauche, les roches qui protègent le chemin de la Plage Jacques-Cartier. En face, le fleuve et la marée montante. Quelques blocs de glace, épars, rappellent que l’hiver cède sa place au printemps. Maman venait ici tous les jours, en après-midi. Elle s’installait sur le banc et laissait, comme je le fais en son souvenir, porter son regard sur le majestueux fleuve Saint-Laurent, coulant vers le Golfe du même nom, puis vers l’Atlantique et le monde.

La montre Polar indique 18 h 10, en ce lundi 20 avril 2015 qui marquera mon histoire personnelle. Il y a soixante minutes, je quittais le bureau du notaire Robitaille à Pont-Rouge. Je venais d’apposer, tout comme l’acheteuse, ma signature au bas de l’acte notarié. Le 728 avenue du Château, passe, après 37 années, 9 mois et 14 journées, aux mains d’une nouvelle famille. Les vœux de maman sont exaucés : la maison sera rénovée et habitée. Et non pas détruite et remplacée par ces nouvelles maisons de ville qui utilisent l’espace au maximum permis par les règlements (par exemple, comparez les photos de la maison de mon parrain).


Le lilas de grand-papa Arthur, dont papa avait transplanté une branche lors de l’achat de la maison, pourra continuer à s’épanouir et enrober la cours arrière de son arôme printanier.

Dans quelques minutes, une fois la bière Écume de l’Abri de la tempête (micro-brasserie des Iles-de-la-Madeleine) terminée, j’emprunterai la Côte de Cap-Rouge. Je passerai devant les Jardins Logidor, résidence d’ainés où mon oncle, Benoit Roberge, a vécu ses derniers jours. Poursuivant sur le chemin Ste-Foy, je tournerai à gauche sur le boulevard Pie-XII, puis à droite sur Carré de Nevers. Devant la maison blanche et verte située au 3494, j’aurai une pensée pour ma tante Yvonne. À droite sur Du Trianon, je monterai puis descendrai avant de m’engager sur l’avenue du Château à gauche. Roulant à très basse vitesse, j’observerai une dernière fois la maison de mon enfance, qui appartient maintenant à Josée. En effectuant l’arrêt d’usage au coin Colonel Jones et de la Chesnaye, je penserai à mon parrain Jean-Paul. Je m’engagerai ensuite sur l’autoroute Duplessis en direction des ponts, puis la 20 me ramènera à Richelieu.



Il y a trois jours, le 17, Mathieu et son équipe de hockey, les Patriotes du Richelieu Junior AA, jouaient aux championnats provinciaux, la Coupe Dodge. Dans le tourbillon des émotions liées à la partie endiablée se déroulant devant nos yeux, j’ai « oublié » qu’il y a deux ans, le cœur de papa s’arrêtait en pleine randonnée de vélo, sur la piste cyclable du boulevard Versant Nord. Sa première sortie de vélo de la saison. Vendredi, j’ai donc eu une belle preuve de la phrase : « vivre dans le présent ». Quand tu y es plongé à 100%, le passé et le futur cèdent leur place aux sensations du moment.

Autant 2013 fut sombre à certains égards, autant 2014 fut l’année création. En avril, de retour de la Russie, la tête remplie de rêves, j’écrivais sans relâche ce qui est devenu mon premier livre : Le journal d’un passionné de Jeux olympiques, quand le bénévolat devient un tremplin. Aujourd’hui, chez le notaire, j’étais connu comme « Christian Fortin, auteur, résident au… »

Le règlement de la succession de maman, et ses dizaines de petites tâches qui demandent tant de temps, tire à sa fin avec cette transaction notariée.

L’heure de rêver haut et fort à ce que ressemblera ma vie dans les quarante prochaines années sonne. Le fil conducteur ? Des gens. Des lieux. Des histoires. Un carnet, un stylo pour tracer les liens.

Les étapes ? Tout d’abord, compléter la maîtrise en gestion de la formation. Présenter les résultats de notre recherche action à Paris et Bruxelles du 28 septembre au 2 octobre prochain. Puis, rédiger le bilan intégrateur de ce parcours ayant exigé trois ans d’efforts soutenus. Bilan qui deviendra mon plan d’affaires. Ensuite, poursuivre ma découverte du monde, par le biais des événements associatifs qui rassemblent les gens autour du partage des connaissances. Enseigner cette passion, au niveau collégial et universitaire.

Poursuivre l’écriture et les conférences. Accompagner Nathalie dans ses congrès. Et qui sait, jouer avec mes futurs petits-enfants ! Enfin, laisser le vent de la liberté me porter, sur un Harley et à bord d’un voilier.

Merci maman et papa d’avoir unis votre destinée et de nous avoir mis au monde afin d'y donner le meilleur de nous-même.


Eh oui, l’avenir s’annonce lumineux.

1 avril 2015

Avril – et ce n’est pas un poisson

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Un mois chargé en émotions m’attend. Un stress quasi incontrôlable me submerge depuis hier. En le nommant et l’écrivant ici, j’espère arriver à m’en détacher et à l’observer de loin. Parce que la sensation est telle que toute la zénitude accumulée lors des sessions matinales de vingt minutes de méditation semble m’avoir abandonné.

Quel est ce stress ? Il prend deux formes. La première consiste à faire le deuil de la maison familiale à Québec. En vente depuis le 5 janvier, elle fut visitée à plus de 35 reprises. Benoit Lepage, notre courtier immobilier, fait un boulot impeccable pour nous. Il a reçu une offre à la mi-mars. Suite à l’inspection et à l’estimation des travaux de rénovation, les acheteurs ont confirmé l’achat. Je lai su à mon retour de Paris. Nous passerons chez le notaire le 20 avril.

Demain, je fais un aller-retour, question de ramasser des papiers nécessaires à la transaction et poursuivre l’étape difficile de vider la maison. Elle représentait beaucoup pour papa. Né en 1931, il s’est décidé à acheter sa première – et seule – résidence en 1977. J’avais neuf ans. J’en ai 46. L’âge de papa lors de la transaction. Vous souvenez-vous des taux d’intérêts au début des années 80 ? L’économie allait très mal et en 1982, papa avait renouvelé l’hypothèque à nouveau pour cinq ans. À un taux de 18% ! Nous avions vécu cinq longues années de budget familial serré.

J’ai résidé au 728 du Château jusqu’en 1988, avant de déployer mes ailes lors de mon entrée à HEC Montréal. Dans les vingt-sept dernières années, la maison a représenté un ancrage dans ma vie. Chaque meuble, chaque objet, chaque fissure raconte son histoire.

Le curseur se pose ici. Clignote longtemps, alors que le vertige m’assaille à nouveau. Je jette un coup d’œil à ma droite. Le soleil brille, les aiguilles du pin se déplacent sous l’action du vent léger du nord. Mon esprit revient dans le présent. Je tente de me concentrer sur ma respiration, de voir les pensées descendre les rapides du Richelieu, sur le dos d’un petit canard jaune. Ça fonctionne un temps. Et le stress revient.

Vivre dans le présent. Passer à l’action, malgré la peur qui paralyse. Demain, je franchirai une étape importante, à l’aide de la compagnie 800-GOT-JUNK.

L'autre stress ? Le 17 avril marquera le deuxième anniversaire du décès de papa. Je me remettais à peine de ce choc, l’été dernier, lorsque maman l’a rejoint. Fort heureusement, j’avais pu lui remettre en main propre une copie dédicacée de mon livre. Copie qui, d’ailleurs, fût incinérée avec son corps et mis en terre au cimetière Belmont.

Nous avons emménagé en juillet 77. Par une drôle de coïncidence (en est-ce vraiment une?), l’adresse de la maison que nous venons de louer au Iles-de-la-Madeleine pour les vacances estivale porte l’adresse 77, chemin L'Éveil.

La vie m’envoie un beau message porteur d’espoir. Lie le passé au futur, en vivant ici, maintenant. Rappelle-toi, Christian, la conclusion de ton livre :

 « Tends la main, 
crois en la beauté de tes rêves… 
et la magie se produira! »

Lectrices, lecteurs de ce billet, je vous tends la main. Puissiez-vous, demain, mettre la vôtre sur mon épaule. J’en aurai grand besoin.

25 mars 2015

Au Salon du livre de Paris !

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Je ressens, en ce mercredi, une vive impression de rêver. Heureusement, deux cartes d’embarquement, de nouveaux tampons dans mon passeport et une facture pour deux nuits au Grand Hôtel des Balcons constituent des preuves de ma présence éclair à Paris.

Les trop rares heures de sommeil à bord du Dreamliner d’Air Canada ne m’ont pas empêché d’arborer l’air béat des bébés qui découvrent le monde. Autant dans le RER B que dans les lignes 4 et 12 du métro, le sourire et l’éclat dans mes yeux brillaient. Et oui, même après plusieurs visites, Paris me charme.


À ma sortie de la station Luxembourg, j'ai longé l’enceinte du Jardin du même nom, ce grand poumon vert empli de calme situé au cœur de la ville. Nathalie et moi sommes amoureux de ce parc, que je compte visiter avant mon départ mardi. Dans ma minuscule chambre, j’ai testé le confort du matelas et me suis changé. Dire que j’ai failli ne pas y mettre les pieds. En effet, lors d’une de ces éternelles journées de doute qui m’habite toujours, Nathalie m’avait lancé : « Vas-y au Salon du livre de Paris. En auras-tu à nouveau l’occasion? ». J’avais acheté le billet d’avion sur le champ, ne laissant aucune chance au doute de s’insinuer à nouveau dans mon esprit.


Je retrouve Suzie et Marie dans le stand A45. Elles m’accueillent en héros, avec cris et applaudissements. Les gens des autres stands se demandent ce qui se passe. Tout simple : il s’agit de ce rêve d’adolescence qui prend vie, au mitan. Grâce à ces femmes de cœur, je peux dire mission accomplie.


Un salon (ou foire commerciale) ressemble à un salon, peu importe le lieu. Que ce soit Montréal, Philadelphie, Las Vegas, Anaheim ou encore Atlanta, les halls d’exposition se ressemblent tous. Je retrouve donc mes repères. À une différence près : il y a des courants d’air dans l’édifice ! Dans certains coins, on y gèle. Fait à noter, les maisons d’éditions sont regroupées par département français ou par pays. En face de nous, la Corse. Derrière eux, l’ile de la Réunion.


Tout comme au Salon de Montréal, il y a les vedettes littéraires et les inconnus. À la différence près qu’ici, à Paris, les photographes et les lecteurs se lancent sur les vedettes. À Montréal, en novembre, j’ai vu Dany Laferrière seul à sa table de dédicace pendant un bon moment. Toute une différence !

En début de soirée, en tournant le coin d’une allée, la tête dans les nuages, je suis entré en collision avec un homme à la chevelure blanche. Je l’ai immédiatement reconnu : Ken Follett. Il terminait le lancement officiel de son nouveau roman et quittait le salon, entouré d’attachés de presse et de gardiens de sécurité.

Repu de fatigue, j’ai abandonné l’idée d’arpenter les rues. J’ai avalé un 40 cl de bière blonde et un burger et à 21 heures, je tombais dans les bras de Morphée. « Paris, je suis à Paris. En tant qu’auteur. »

20 mars 2015

Un an depuis le cri du cœur

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La vie voulait que j’arrête ma course et fait en sorte que je rate mon vol de 13 h 30 vers Toronto. Celui de 14 h 30 affiche complet. Assis à une table, je rédige donc ce billet qui me trotte en tête, ayant l’espoir de le publier avant l’embarquement, prévu à 15 h 10.

Il y a un an, je suis passé à un cheveu de fermer ce blogue et abandonner l’idée de publier un livre un jour. J’ai lancé un dernier cri à l’univers. L’appel a été entendu par l’écrivaine Suzie Pelletier, qui se trouvait alors au Salon du livre de Paris pour promouvoir sa série « Le pays de la terre perdue ». Elle m’a mis en contact avec son éditrice, Marie Brassard. Vous connaissez la suite : « Le journal d’un passionné de Jeux olympiques » voyait le jour trois mois plus tard.

Demain soir, après la réunion du conseil d’administration d’AIESEC Canada, je m’envole vers Paris. Je vais rejoindre Suzie et Marie au Salon du livre de Paris. L’enfant de Québec, passionné d’aviation, volera à bord d’un avion extraordinaire, le Boeing 787 Dreamliner. Un nom prédestiné. Le Dreamliner. Quels sont mes prochains rêves ? J'y réfléchis.

À l’atterrissage, dimanche matin, je marcherai vers la gare, monterai à bord du RER B à destination de Paris. À la station Luxembourg, je descendrai, marcherai 600 mètres afin de rejoindre mon hôtel. J’y laisserai ma valise et me rendrai ensuite à la Porte de Versailles.

Vers 13 h, je serai assis dans le stand A45, « Le journal d’un passionné » devant moi. Dire qu’il y a douze mois, je m’apprêtais à lancer la serviette.

Lorsque j’étais à l’université, impliqué à fond dans l’AIESEC, un alumni nous avait partagé cette citation de Roosevelt :


Je ne pourrais vous dire le nombre de fois où j’ai atteint la fin de ma corde. À chaque occasion, j’ai réussi, par je ne sais quel miracle, à produire un nœud et m’y accrocher.

Quand vous penserez qu’il n’y a plus aucun espoir, accrochez-vous. Plongez dans le présent, implorez votre bonne étoile et lâchez prise. La vie s’occupera de vous. Comme elle le fait pour moi en ce vendredi 20 mars. Comme elle l’a fait le 19 mars 2014.

Dans 48 heures, je vivrai le rêve à fond ! Merci la vie.

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