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20 juin 2016

Rio dans mille heures

En février 2014, tout cela ne semblait qu’un rêve. Dans l’effervescence des nouvelles amitiés et des découvertes en sol russe, nous, bénévoles internationaux, pensions à la prochaine occasion où nous pourrions plonger à nouveau dans la bulle olympique. Rio revenait alors dans nos conversations. En août 2014, je me suis donc porté volontaire. Et me voici, à un peu plus de mille heures du départ.

Dans quarante-trois jours, je foulerai le sol de l’Amérique du Sud pour la première fois de ma vie et vivrai ainsi mes troisièmes Jeux olympiques. Que fais un amoureux de la neige aux Jeux d’été me direz-vous ? Je vais à Rio parce que ce sera… l’hiver chez eux ! Hihihi…

Me projeter ainsi dans l’avenir, au lendemain de la fête des pères, ne peut que me ramener dans le passé. À cette période-ci de l’année, l’excitation nous gagnait peu à peu, ma sœur et moi. La fin des classes signalait le départ imminent vers Hampton Beach. Deux semaines à jouer dans le sable et dans les vagues, à regarder passer, ébahi, ces rutilantes Harley Davidson sur l’avenue Ashworth. La veille du départ, papa commençait à remplir le coffre de la grosse voiture Pontiac. Nous partions très tôt le matin, afin de rouler à la fraîche le plus possible. Ah… la mer. Je ne pourrais vivre sans elle. Tout comme les montagnes d’ailleurs.

Je m’envole pour Rio le 31 juillet. Escales à Fort Lauderdale, puis Bogota, avant le dernier vol, de nuit, vers le Brésil. Le 1er août, je retrouverai, à Barra da Tijuca, au sud-ouest de la ville, mes amis de Baie-Comeau, Martine et Rock. Ils nous ont déniché un super appart sur Airbnb. Nous le partagerons avec deux de mes co-chambreurs de Sotchi : Igor, qui réside en Floride et Will, qui habite à Manchester, en Angleterre. Bruce, de Vancouver, complète le groupe.

Je ferai partie de l’équipe des transports, au Deodoro Accomodation Village. Des représentants des médias et de certaines fédérations sportives y seront hébergés. J’ai reçu un courriel de notre chef d’équipe, ce qui signifie que l’horaire de travail devrait suivre sous peu.

Rêver d’un moment pendant plus de deux années. Le voir arriver à vitesse Grand V. Mon blogue prendra vie dans les prochaines semaines. Tout comme pour les Jeux de Vancouver et de Sotchi, je compte publier des billets quotidiens, afin de vous faire vivre les coulisses du plus grand événement international.

30 mai 2016

Retour dans un méga événement : C2 Montréal

Un autre mois tire à sa fin. Installé sur la galerie, café à ma droite et laptop sur la petite table IKEA, je laisse la brise matinale me rafraîchir. Les oiseaux gazouillent à qui mieux mieux. Les véhicules se succèdent sur le chemin des Patriotes. Le vent du sud porte l’incessant bruit des pneus sur le bitume du pont de l’autoroute 10, située à 435 mètres. La semaine dernière, sortant du calme vécu à Richelieu dans les derniers mois, j’ai effectué un retour dans la frénésie événementielle.

Pendant trois jours, l’énergie de C2 Montréal, surnommée par Le Nouvel Observateur « Le Davos de la créativité », a coulé dans mes veines. Découvrez le site avec cette vidéo d'une minute :


Membre de l’équipe création & contenu, mon rôle consistait à accompagner les conférenciers. Seize bénévoles, deux coordonnateurs et une chargée de projet avaient pour mission de s’assurer du bien-être des conférenciers sur le site. Horaire en main, nous les guidions vers les rendez-vous, que ce soit la prise de contact avec la scène, les rencontres de presse, les entrevues pour C2 Tv ou encore les rencontres avec des partenaires et les autres activités, telle l’animation de classes de maitres.


Lundi, en fin de journée, nous avons eu une rencontre d’équipe à l’Arsenal. Des dizaines d’employés de tous corps de métier s’affairaient à effectuer les derniers préparatifs. Les lieux ressemblaient encore à un immense chantier de construction. Un néophyte aurait pu croire que rien ne serait prêt pour l’ouverture, le lendemain à 7 h 30. Tel ne fut pas le cas, car en événementiel, the show must go on.

Mardi matin à 6 h 15, la Corolla filait sur l’autoroute 10. Il y avait longtemps que je n’avais pas pris la route si tôt pour me rendre à Montréal. Je ne m’ennuie pas du tout des bouchons de circulation ! À 7 h 50, j’accueillais ma première conférencière, Nadya Hutagalung. Présentatrice de télévision, écologiste et cofondatrice de Let Elephants Be Elephants, Nadya est une figure emblématique indonésio-australienne de la protection de l’environnement. Avant sa conférence, elle voulait entendre deux des dirigeants de IDEO, Tim Brown, président-directeur général et Paul Bennett, chef de la création. IDEO est une firme réputée de design. J’ai donc eu l’immense privilège de vivre l’ouverture de la cinquième édition de C2 Montréal en étant assis dans la deuxième rangée, à quelques pas de la scène.


Mercredi, j’ai guidé Chip Conley, chef de l’hospitalité globale et de la stratégie chez Airbnb. Très charismatique et inspirant, Chip a raconté son parcours d’hôtelier passé « à l’ennemi », soit chez Airbnb, site de location de logements qui compte plus de 2,2 millions d’unités en location dans le monde.


Jeudi, en accompagnant Sandy Speicher, partenaire et directrice générale de l’éducation chez IDEO, j’ai pu discuter apprentissage. Designer graphique de métier, détentrice d’une maîtrise en éducation, elle a articulé sa présentation et sa classe de maitre autour de l’idée que concevoir de la formation consiste à concevoir en fonction du déséquilibre que provoque l’apprentissage.

C2 Montréal, ce fut aussi la rencontre d’anciens étudiants chez Zoom Académie, d’AIESECers, de jeunes et moins jeunes créatifs et gens d’affaires.

Je ressors fatigué de ce maelstrom. L'événementiel exige une immense dose d'énergie de ses acteurs. Mais ce monde procure une dose d'inspiration magique, ne serait-ce que par la qualité des rencontres que l'on y fait et de l'apprentissage informel qui permet d'avancer dans la vie.

5 mai 2016

Lancer ses rêves dans l’univers !

Voici la suite du billet publié le 25 avril, suite à notre séjour au Château Frontenac avec les enfants.

Fascinant cet exercice de s’écrire une lettre afin de l’ouvrir dans le futur. Que recélaient nos lettres, écrites la journée de mon 25e anniversaire de naissance, en avril 1993 ?

Nous rêvions tous deux d’une grande famille, composée d’au moins trois enfants. Celle-ci s’épanouirait dans une maison ancestrale située sur un grand terrain à la campagne. L’univers a répondu à nos souhaits. Nous vivons heureux, dans une maison construite en 1933, sur le chemin des Patriotes. Heureux tout le temps ? Évidemment que non ! La vie s’amuse à nous faire vivre ses inévitables montagnes russes, composées de hauts et de bas.

Sur le plan personnel, en m’adressant aux enfants, je mentionnais que je désirais fortement conserver mon enthousiasme de jeunesse. Je peux dire, avec le recul, que je ne l’ai pas perdu ! Pourquoi ? Je suis toujours aussi curieux. Je poursuis ma découverte des gens et des lieux qui façonnent l’histoire. Entre autre par le biais de mon implication bénévole et de mon travail auprès de ceux qui donnent du temps pour embellir le monde, à la hauteur de leur énergie. Les bénévoles, des gens de cœur, m’inspirent car ils font preuve d’un enthousiasme à toute épreuve.


Pour ce qui est des shows rock, je confirme que je maintiens le cap, en m’offrant de vivre, au moins deux par année, l’énergie dégagée par la musique live et la foule en liesse. La plus récente dose de rock solide, je l’ai eu en compagnie d’Iron Maiden au Centre Bell, en avril. L’automne dernier, à Québec, j’avais « fermé » le Colisée puis « ouvert » le Centre Vidéotron, avec Metallica. Et en juillet, j’avais emmené Nathalie, Roselyne et Félix voir Bodh’aktan aux Iles de la Madeleine.

Mes amis me traitent de rêveur et d’idéaliste et ajoutent souvent « arrête de l’dire pis fais-le, Fortin! » Eh oui. Mon plus grand défaut consiste à laisser cette foutue petite voix intérieure, plus souvent qu’autrement, dicter mes actions. Parce que vous savez, elle aime s’imaginer toutes sortes de peurs, la vilaine. Je reviendrai d’ailleurs sur cet aspect de ma vie lors de prochains billets. Je crois avoir enfin trouvé une façon de l’apprivoiser.

Et ces rêves fous, Christian ? Lisez :

En avril 2008, lors du passage dans la quarantaine, un fort sentiment d’urgence a envahi mon être. En mai, je débutais mes cours de pilotage, chez Cargair à St-Hubert. En octobre 2009, j’obtenais mes ailes de pilote privé !

De 1993 à 2002, j’ai vu les quatre coins de l’Amérique du Nord dans le cadre de mon travail en marketing. Ensuite, j’ai découvert les divers secteurs du Grand Montréal et les gens qui animent les communautés locales. J’ai suivi Nathalie dans des congrès en Europe et même à l’Ile de la Réunion, dans l’océan Indien.

Mes expériences bénévoles à Vancouver et Sotchi furent racontées ici, sur ce blogue, et dans un livre, le Journal d’un passionné de Jeux olympiques.

Le voilier, lui ? J’en rêve toujours… quoique de moins en moins. Après avoir vidé les maisons de deux oncles et celle de mes parents dans les trois dernières années, j’ai commencé peu à peu à me détacher des possessions matérielles. Je préfère vivre des expériences humaines enrichissantes. D’ailleurs, Nathalie écrivait dans sa lettre que la réussite dépend en grande partie de nos valeurs.


Pendant de trop nombreuses années, j’ai pensé que la réussite provenait des possessions qui démontraient la réussite : auto de luxe, grosse maison avec une piscine creusée située dans le bon quartier, etc. Je faisais fausse route.

J’ai réalisé que le rêve de posséder un voilier ou une moto Harley Davidson reflétait ma soif de liberté et des grands espaces. Je sais aujourd’hui que peux assouvir ces passions différemment, sans avoir à me préoccuper de l’entretien d’objets.

Je débute la quarante-neuvième année de ma vie. Ce qui signifie, que cela me plaise ou non, la fin de la cinquième décennie. J’accorde moins d’importance au futur à long terme et m’efforce de vivre chaque journée en pleine conscience.

La curiosité et l’enthousiasme feront toujours partie intégrante de ce qui me guide. L’écriture et l’enseignement me permettront de contribuer à ma façon à embellir le monde.

La machine à rêver fonctionne encore. Prochaine destination : les Jeux olympiques de Rio !

25 avril 2016

Vingt-cinq années en couple, ça se fête !

Le samedi 24 avril 1993, Nathalie et moi avions séjourné au Château Frontenac. L’hôtel le plus photographié du monde, qui appartenait alors au Canadien Pacifique, fêtait ses premiers 100 ans. Je voulais célébrer en grand mes 25 ans et le début de nos carrières professionnelles.

Sur un coup de tête, nous avions saisi le papier entête et avions fait comme dans les films : nous nous sommes écrit chacun une lettre, qui serait à ouvrir le 26 mai 2015, dans une suite du Château. Pourquoi cette date ? Parce qu’elle marquerait le 25e anniversaire de notre amour, qui a pris naissance au Château d’Amos en mai 1990, lors d’un congrès AIESEC.


Les années passèrent et les enveloppes demeurèrent scellées. 2015 se déroula sous le signe de la recherche-action en équipe que je menais dans le cadre de la maitrise en gestion de la formation. Le Château ne nous vit donc pas dans l’une de ses suites.

Il y a deux semaines, j’ai consulté toute la famille (concilier cinq horaires s’avère tout un exercice !) et j’ai réservé un studio double pour le samedi 23 avril. Nous pourrions enfin lire les messages que ces deux objets ayant voyagé dans le temps nous réservaient.

Une idée folle a germé peu à peu dans mon esprit. Après plusieurs jours de tergiversations, les doigts ont pianoté sur le clavier du MacBook Air et j’ai envoyé, sans avoir trop d'attentes, un courriel au directeur général du Château, lui expliquant ce que vous lisez en ce moment.

Le lendemain matin, je recevais une réponse :
« Bon matin M. Fortin, Tout d’abord, au nom de M. Mercure et de toute l’équipe du Fairmont Le Château Frontenac, je vous remercie d’avoir pris le temps de nous écrire pour nous faire part de votre séjour plus que spécial ! C’est avec joie et émotion que je ferai tout en mon pouvoir pour transformer votre séjour en souvenir inoubliable ! »
Nathalie et les enfants m’ont regardé avec un drôle d’air lorsque je leur ai annoncé que j’avais écrit au DG du Château : « yé capoté mon chum / notre père ! Écrire au DG ! Ben voyons donc. Pour quoi faire ? » « Vous verrez, vous verrez » fut ma réponse de gars qui rêve toujours tout haut.

Samedi. 15 h 25. Nous effectuons notre entrée. Je me présente au comptoir. Le préposé à l’accueil, fort gentil, me remet les clés magnétiques. « Vos chambres sont au deuxième étage. Les ascenseurs se trouvent à votre droite. » Une petite lumière s’allume dans mon esprit. Les chambres ? J’ai réservé un studio double… Je garde la surprise pour moi. Alors que nous attendons l’ascenseur, une jeune voix m’interpelle : « M. Fortin ? Bienvenue au Château. Désolé de vous avoir manqué à la réception. Je vais vous montrer votre suite. Je suis très heureuse de vous recevoir ! » Nathalie et Félix me regardent avec des grands yeux qui disent : « Une suite ? Elle a dit une suite ? »

Chambre 2259. « Celle-ci sera pour les enfants. » Chambre 2261. « La suite Charlie Chaplin sera pour vous. Entrez, j’ai une surprise ! ».

Julie, émue, nous fait passer à l’intérieur. Une bouteille de champagne sur la glace, cinq flutes et des macarons nous attendent, sur la table dans le salon de la suite. Nous sommes ses derniers clients au Château, après treize années de service. Elle relèvera de nouveaux défis au Fairmont Manoir Richelieu. Nul besoin d’ajouter que quelques larmes furent versées.



J’ai ouvert la bouteille, en ai servi à chacun et nous avons trinqué à la santé de notre belle famille. J’ai sorti les lettres de mon sac, les ai ouvertes avec un canif suisse. Puis, Nath et moi avons plongé dans ces missives qui avaient voyagé dans le temps…

8 novembre 2015

Clore un chapitre, en ouvrir un nouveau – partie 1

Début avril 2015. J’apprends que l’un de mes groupes favoris, Metallica, fermera le Colisée de Québec et ouvrira le Centre Vidéotron, en septembre. Je me promets sur le champ de vivre ces deux moments sur place, en compagnie de milliers d’autres fans de ce groupe américain de Heavy Metal qui apprécie énormément ma ville natale, Québec.

Vendredi 24 avril, 11 h 50. Je suis en classe à l’Université de Sherbrooke. L’un des derniers séminaires du parcours académique qui me mènera, en septembre, en Europe. Et jour de mon 47e anniversaire de naissance. À midi, les réseaux Billetech et Ticketmaster mettent en vente les billets pour ces spectacles qui s’annoncent mémorables. J’ouvre mon fureteur internet et, dans deux onglets différents, commence à rafraîchir les pages. Je n’en suis pas à mes premières armes dans l’achat de billets pour des spectacles rock et je sais que je dois agir vite. À 12 h 10, je crie victoire : le lundi 14 septembre, au vieux Colisée, et le mercredi 16 septembre, dans le Centre Vidéotron tout neuf, je vivrai l’histoire. Je m’offre un cadeau de fête afin de clore un chapitre de ma vie et en ouvrir un nouveau.

Cinq mois passent. Je me consacre à fond à la rédaction, avec mon équipe des Scopes, de notre recherche-action.

Le 14 septembre, j’emprunte l’autoroute 20 en direction est, presque du reculons. Peut-être ai-je peur de retrouver les fantômes du passé ? Je ne sais trop. La première partie ne m’intéressait pas, alors j’ai pris mon temps. J’arrive dans le quartier Limoilou vers 20 h. Je marche vers le Colisée, plongé dans mes souvenirs d’adolescence. J’en ai vu, des shows rock dans cette enceinte ! J’entre à l’intérieur. Les techniciens de scène terminent la mise en place pour Metallica.

Je jette un coup d’œil vers la galerie (les bancs gris), là où papa a eu un billet de saison des Nordiques. Je tourne ensuite le regard vers les loges, au centre, là où mon oncle Benoit Roberge possédait son billet de saison des Nordiques, puis des Remparts. Les deux Ben (mon père et mon oncle), ont vu jouer Jean Béliveau, Guy Lafleur, Marc Tardif ou encore Joe Sakic dans ce vieil amphithéâtre. Metallica entre sur scène vers 21 h 10 et en sortira à 23 h 30.


J'ai eu droit à une autre prestation fort énergique du groupe californien, qui a joué dix-huit chansons. Le vieux Colisée entrera en dormance, après avoir vu tant d’action au cours de ses 66 années d’existence.

La Corolla grise me ramène 254 km à l’ouest, à la maison. Vers 2 h, je plonge dans mon lit avec bonheur. Mardi soir, je débute une nouvelle session d’enseignement chez Zoom Académie. Je retrouve avec joie une nouvelle cohorte d’étudiants qui désirent se perfectionner en événementiel et démarrer leur entreprise.

Je m’endors avec l’impression de clore une étape de ma vie. Demain, je compte partir plus tôt afin d’aller rendre visite à mes parents au cimetière Notre-Dame de Belmont.

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