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25 mai 2010

Les Iles-de-la-Madeleine et des missiles nucléaires à 65 km de Montréal??


Lundi 24 mai, 12h45. Assis dans l’herbe, sur le côté de la 225 au Vermont, je savoure une Budweiser en cannette bien froide, calepin en main, presque 60 km dans les jambes. La frontière est à moins de un kilomètre.



J’ai traversé la douane il y a un peu moins de trois heures. Tout un feeling de s’insérer en vélo dans la file de véhicules. Je me dirige vers Alburgh, pour emprunter ensuite le West Shore Road … et me retrouver aux Iles-de-la-Madeleine! L’odeur de l’eau, la brise du large qui rafraîchit, les cris des oiseaux … Tout à coup, je pédale sur la 199 entre Havre-aux-Maisons et Pointe-aux-Loups. Pourtant, cette randonnée a failli ne pas se produire, comme celles aux Iles en 2009.

Vous les connaissez, les raisons que l’on s’invente pour ne pas faire quelque chose. La plus facile? Pas le temps. Pour moi : installer le support sur le coffre, y sécuriser le vélo. Et s’il tombait en cours de route? Et si j’avais une crevaison? Et celle-là : Nath sera encore seule avec les enfants. Je sais, elle sait, les enfants savent que je suis habité par une grande solitude. Que sans ces moments de bonheur dans la nature, l’équilibre se rompt. Depuis le secondaire, j’agis en leader, en agent de changement en perpétuel mouvement. Que se passe-t-il quand vous arrêtez de pédaler? Vous ralentissez et éventuellement, vous perdez l’équilibre. Si comme moi vous êtes un nouvel utilisateur de souliers avec cales, la chute s’avère parfois douloureuse. Point de chute aujourd’hui! Que des paysages bucoliques, des kilomètres de bitume avec automobilistes bienveillants et toujours cette eau limpide qui brille sous les rayons du soleil.

Ma dernière visite ici remonte à quelques années. Dans le temps où je m’évadais pour performer encore plus. Cette fois-ci, je prends le temps d’arrêter, d’écouter le silence. D’immortaliser ces moments en photos et en mots. Tiens, un petit voilier qui descend vers le Québec au moteur.

Croyez-vous qu’il ne se passe rien à notre époque? Que l’histoire n’aura rien à retenir de notre passage? Les visiteurs d’Expo 67 devaient le penser. La statue que j’ai devant moi y était et prouve le contraire. Ce panneau-ci, qui relate la création du Fort Ste-Anne. Champlain se disait-il « wow, j’écris une page d’histoire aujourd’hui? ».
Pas sûr. Il devait être préoccupé par la survie de son équipe. Plus loin, à l’extrémité sud de l’île, cette enseigne qui raconte que Teddy Roosevelt, alors vice-président en visite ici, a appris la mort du président McKinley. Il deviendra le plus jeune président des États-Unis à l’époque, à 42 ans.


Sur le chemin du retour, je capte d’autres moments magiques. J’entre au kiosque d’information touristique, ignoré pendant des années. Alors que j’ouvre la porte pour quitter, le titre d’un pamphlet très ordinaire attire mon regard. Alburgh Missile Base. Une base de quoi? De missiles? Ici? Impossible. La gentille dame sort dehors, me montre le panneau et les hangars derrière. Des missiles ballistiques intercontinentaux à moins de 3 kilomètres de la frontière canadienne! Wow, pour un pan d’histoire, en voilà tout un! Il y avait douze de ces sites de lancement dans la région de Plattsburgh. J’étais parti pour me retrouver dans la nature, j’ai trouvé l’histoire. Comme quoi il vaut la peine de prendre le temps de s’arrêter dans la vie! Stop.

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