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22 décembre 2012

Dix ans déjà!

Grand moment hier. Il y a dix ans, j’effectuais ma dernière journée de travail chez Outils Gladu, une PME industrielle située à Marieville. J’y pense depuis quelques années, à ce seuil de la décade dans un même emploi. Il me semblait impossible à atteindre.

Après tout, la première tranche de cent vingt mois de ma vie professionnelle chez Venmar et Gladu fut ponctuée de changement de rôle aux 12-18 mois. Jamais je n’aurais pu imaginer porter le même titre, agent de liaison, pendant plus de dix ans. Vous avez sûrement entendu cette célèbre phrase de Confucius : “Find a Job You Love and You’ll Never Work a Day in Your Life”. Vous savez quoi? Il a bien raison ce Confucius. Je SUIS agent de liaison. Malgré mon immense besoin de solitude, je ressens cette flamme de connecter les gens entre eux.

Installez-vous confortablement, ce billet sera long!

Chez Venmar, de 1993 à 1996 et chez Gladu, de février 1997 à décembre 2002, j’ai travaillé des heures et des heures, trop d’heures. Quand Mathieu est né, le 4 avril 1995, je finalisais les préparatifs d’une foire commerciale à Terre-Neuve. Quand Roselyne est née, le 3 octobre 1997, je me retrouvais une fois de plus dans le tourbillon des foires commerciales. Deux semaines plus tard, je prenais la route au volant d’un « cube », destination Toronto et Grand Rapids au Michigan. Deux Trade Shows consécutifs en deux semaines, des heures de route et de longues heures de travail, loin de ma famille. Pas excellent pour créer des liens avec mes bébés…

Pendant cette première décennie sur le marché du travail, j’ai vécu à fond la caisse la croissance effrénée de PME industrielles. Passer de 15 millions de chiffres d’affaires et 100 employés à 45 et plus de 300, ça en génère du stress! Pourtant, je m’y suis amusé comme un petit fou! Entre autre parce que je pouvais y vivre ma passion de rencontrer des gens et découvrir des lieux. Chez Gladu, je me retrouvais à Greensboro en Caroline du Nord en février, à Atlanta ou Anaheim en alternance en août, à Toronto et Grand Rapids en octobre, puis à Las Vegas en janvier. Cinq semaines par année, par tranche de six-sept jours à la fois, je laissais Richelieu pour me retrouver aux 4 coins de l’Amérique. Depuis l’enfance, le voyage a toujours été partie intégrante de ma vie.

Le 17 mai 2002, Félix est entré dans notre vie.

Le travail me submergeait, une fois de plus. Nous étions en plein préparatifs pour le IWF Show, prévu à Atlanta à la fin août. Nous y présentions une innovation technologique majeure, en instance de brevet. Préparer le dossier de candidature, le kiosque de 800 pieds carrés, le cocktail VIP pour les clients, les communiqués de presse s’est avéré un exercice fascinant. Mon adjointe Valérie Sorel, que j’avais recrutée à sa sortie d’AIESEC HEC, fut d’une aide inestimable! Nous avons réussi en remportant un prestigieux Challengers Award. J’avais réussi à rendre concrète la vision des ingénieurs et des techniciens de Gladu grâce à mon savoir faire en marketing.

Pendant ces préparatifs, mon ami Frédéric Hébert m’avait fait part d’une offre d’emploi à la Chambre immobilière du Grand Montréal. Ils étaient à la recherche d’un agent de liaison. J’avais laissé passer, porté par le rêve du Challengers Award. Il est revenu à la charge en novembre : le poste était toujours libre et il m’y voyait tout à fait. J’avais atteint le sommet (ou le creux, c’est selon), je ne voulais pas faire vivre à Félix l’absence vécue par Mathieu et Roselyne. « Une job à 35 heures par semaine! À organiser des conférences et des 5 à 7! Facile! ». Tout ça sans le stress inhérent à la vente et au marketing. Wow. Je pourrais enfin découvrir le Grand Montréal et dormir à la maison tous les soirs.

En quittant Gladu, j’ai dit à tous mes collègues que je voulais travailler moins et écrire plus, afin de réaliser le rêve de publier des livres. Devenir écrivain quoi! À l’hiver 2003, je complétais mon certificat en création littéraire à l’UQAM. À l’arrivée de la chaleur, j’allais écrire dans le parc Lacoursière, afin de terminer ce roman jeunesse que je devais livrer au prof du cours d’intégration. J’ai manqué de jus à la fin et ai obtenu un B+.

Sans effectuer les améliorations recommandées, je l’ai acheminé aux éditeurs : une copie pour eux, une copie pour moi, par Purolator. J’ai encore mes enveloppes, non ouverte (pour la protection des droits d’auteurs). J’ai essuyé des refus partout. Robert Soulières, éditeur et écrivain, m’avais envoyé une lettre manuscrite avec moults commentaires. Je n’ai jamais donné suite au projet…

Je me suis enfui de l’écriture pendant plusieurs années. J’ai repris la plume en novembre 2009, en lançant ce blogue pour raconter mon histoire aux Jeux olympiques de Vancouver. Je me suis prouvé que je pouvais écrire et intéresser des lecteurs.

Le rêve brûle toujours. La vision est constante. Elle se réalisera… un jour!

Bon an mal an, depuis 2003, j’organise une cinquantaine d’événements par année. J’y rencontre des centaines de personnes. Des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux, des passionnés, des chialeux, des rêveurs, des crosseurs. Des riches, des moins riches. Des gens humbles, d’autres fendants. Des parents de 4-5 enfants. Des mères monoparentales. Des français, des italiens, des russes, des roumains, des pakistanais, des indiens. Je visite des dizaines de lieux différents. J’emmagasine tout, éponge. Mon subconscient brasse cette matière, effectue des permutations sans fin. Des histoires prennent forme sous mes yeux.

Tous ces gens, tous ces lieux m’énergisent.

En décembre 2002, Félix avait six mois. Ma belle petite princesse blonde, Roselyne, avait hâte de débuter la maternelle et retrouver son grand frère Mathieu qui ouvrait la voie aux deux autres, du haut de ses sept ans.
 

J’avais 34 ans, de rares cheveux blancs et toute la vie devant moi.

Aujourd’hui, Félix a dix ans. Roselyne en a quinze et rêve de partir à la découverte du monde. Mathieu frôle les dix-huit ans et rêve de hockey universitaire.



J’ai 44 ans et de plus en plus de blanc aux tempes. Petit à petit, ma barbe prend la couleur de celle du Grand Schtroumf.

Je dois arrêter de me mentir. De cesser de m’éparpiller à gauche et à droite. Il y a plus d’un an que je n’ai pas écrit un aussi long billet. Il vient de franchir les 1 000 mots. Toute la famille dort encore. Night Ranger dans les oreilles, j'observe les flocons qui se laissent porter par le vent. Heureux je suis.

L’automne 2012 a été hallucinant. J’ai l’impression d’émerger d’un tunnel. Tel un train, je fonçais à vive allure dans le noir, afin de franchir la distance.

Je dois revenir à l’essentiel. Écrire. Tous les jours. Quitte à réduire mes heures de travail une fois de plus. Parce que telle est ma raison d’être : observer les gens et les lieux qui façonnent leurs histoires. Et les raconter.

Si vous vous êtes rendus ici, j’apprécierais avoir de vos nouvelles. Question de briser cette solitude face à la page blanche. Merci!

7 commentaires:

  1. Enfin un long billet! Ça fait longtemps que tu nous fais espérer une bonne lecture Christian...enfin c'est un cadeau de Noël! À toi et à tous les tiens un Joyeux Noël et un très bon temps des Fêtes!

    Ta cousine Line F.

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  2. Cher Christian, fais-le si c'est ce que tu veux :) Il n'y a rien qui t'en empêche à part toi-même et tes priorités ! Au plsisir de te lire et te lire et te lire !!!

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  3. Merci Lyne! Tu as bien raison. Je suis le seul à s'imposer des limites. À moi t'ébalir mes règles.

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  4. Très touchant ton texte!! Au fil de celui-ci, j'ai voyage à travers les années de ma vie.

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  5. Bon je suis devant mon wrap au resto et Charlotte joue... Moi j ai des larmes qui coulent en te lisant... On est possiblement rendu à des étapes semblables ...et comme si ma vie des 10 dernières années avait été écrite par toi avec 2 enfants en moins mais toujours aussi ce désir fou de ralentir ma cadence et d'écrire

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  6. Merci Christian pour ce billet fort captivant. Une belle histoire de vie. Je suis persuadé que tes enfants apprécient le père que tu es... devenu.
    C'est que l'on court et court mais pour qui et pourquoi?
    Se recentrer prend courage et détermination. Je t'en souhaite pour te réaliser. Avec le support des tes proches la transition s'effectue mieux...

    Bonne année 2013 Christian et ta famille.

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  7. Allo Christian!

    Ton message est très touchant. Je te regarde aller et je me demande toujours comment tu fais pour réaliser autant de projets. Nécessairement, je me questionne sur moi-même... Je n'arrive pas à réaliser autant de choses que toi, j'aimerais bien et jusqu'à maintenant je t'enviais. Mais tout à coup, ce matin, ce que tu me fais réaliser c'est que je suis heureuse dans ma vie toute simple à moi! C'est sûr qu'il y a toujours place à l'amélioration mais je pense que malgré tout, la balance de ma vie m'indique que je suis bien où je suis et j'essaie d'apprécier ma vie telle qu'elle est. En gardant à l'esprit, bien sûr, que si je désire y changer quelque chose, il n'appartient qu'à moi de le faire! Merci pour m'avoir fait réfléchir sur cet aspect de moi ce matin!

    Bonne chance à toi, quoique tu décides d'entreprendre pour l'avenir!

    Andrée ;-)

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