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24 décembre 2012

Arrêtez le temps ce soir!

Ici, à Richelieu, le sol est enfin blanc et l’air plutôt froid, avec un moins 8. Le soleil brille dans le ciel bleu. Il y a une semaine, le ciel gris voulait nous tomber sur la tête. La nature rappelle qu’elle est faite de hautes et basses pressions, de cycles qui se répètent. Ce que nous pouvons être cons, nous humains, pour viser la perfection en tout temps! En cette veille de Noël, je ne peux qu’effectuer un voyage dans le temps et l’espace, en pensant à vous tous, humains et lieux qui m’ont forgé.

Place de la Monnerie dans la paroisse Saint-Mathieu à Sainte-Foy. De 1969 à 1977, nous y avons vécu en appartement. De ma chambre, je pouvais faire des signes à mon ami André, qui habitait en face. L’école primaire n’était pas trop loin, il y avait une patinoire sur le terrain de tennis. L’hiver, les locataires illuminaient leurs balcons. Le soir du 24, nous allions à la messe des enfants à 19 h et nous nous dirigions ensuite au 743 Colonel Jones, dans la paroisse voisine, pour le réveillon dans la famille Côté. À notre grand désespoir, nos devions nous coucher dans la chambre de Jacqueline, tout au fond du corridor. « C’est pour être en forme toute la nuit! », disaient les adultes. « Pas fatiké moi, pas fatiké! Veux mes cadeaux tu suite ». Et la porte de la chambre à peine fermée, nos yeux faisaient de même.

Ce scénario du réveillon sur Colonel Jones s’est répété pendant des années. En 1977, nous avons déménagé tout près, sur la rue du Château. Nous avions nous aussi, comme mes oncles et tantes, une maison. Je pouvais visiter la gang à JP sur Colonel Jones et Yvonne et Ben sur Carré de Nevers à pied, en moins de cinq minutes. Cependant, bien que distants d’un kilomètres et demi, l’ancien appartement et la nouvelle maison me semblaient à des années lumières l’un de l’autre.

J’ai découvert une nouvelle école primaire, me suis fait de nouveaux amis, entre autre Christian Houde, qui, lui aussi, venait d’emménager dans le coin. Le teint halé, il parlait à la française. La famille revenait du Maroc, où son père avait travaillé quelques années. Grâce à eux, je découvrais que la planète était beaucoup plus grande que la région de Québec. La soif de découvrir le monde venait de prendre naissance. En cinquième année, Éric Moreault me faisait découvrir les romans d’adultes à la bibliothèque municipale de Ste-Foy. « Quant tu iras avec tes parents, monte au 2e, tu verras, il s’y trouve des tas de livres fascinants! ». Le voyage se poursuivait.

À l’école secondaire des Compagnons-de-Cartier, grâce à la passion de notre prof d’anglais, j’ai effectué deux voyages échanges à Vancouver : en secondaire 1 et en secondaire 4. Wow! Quelle expérience de vivre loin de la maison pendant 2 semaines, sans repère aucun. J’ai eu la même prof de français en secondaire 4 et secondaire 5 : Pauline. C’est elle qui a souligné pour la première fois mon talent fou pour les mots. Le secondaire n’aurait pas été complet sans l’amitié profonde avec Donald Dubé et Richard Loiselle. Donald qui est le parrain de Roselyne, avec qui j’ai vécu les hauts et les bas de l’adolescence. Donald avec qui je vais encore voir des shows, comme dans les années 80. Richard qui m’a appris qu’un exposé oral pouvait être vu comme une mise en scène. Richard qui m’a dégêné et entraîné au journal étudiant La Pie, dirigé par Éric Desrosiers, qui est aujourd’hui journaliste au quotidien Le Devoir.

Lorsque j’ai commencé à travailler à temps partiel dans la restauration, je travaillais toute la journée le24 et rejoignais la famille après la fermeture du Saint-Germain à 20 h. D’enfant, j’étais devenu adulte. Je pouvais prendre une vraie bière et du vrai champagne avec les grands. Merci aux cuisiniers, aux trayboy et surtout aux serveuses pour cette expérience de vie qui me sert encore tous les jours. Vous savez, ma passion de l’événementiel, elle me vient fort probablement de ces années au Saint-Germain, que ce soit à Plaza Laval ou à l’hôtel Saint-Laurent.

Le CEGEP FX Garneau, d’enfer à paradis. Reconnu comme un bollé au primaire et au secondaire, je me suis dirigé vers les sciences pures au CEGEP. Ingénieur aéronautique me disais-je… Ouf! Pas pour moi les sciences! J’abandonne tout au milieu de la 2e session et travaille à plein temps jusqu’à l’automne 1986. En sciences administratives, je retrouve mes repères et m’amuse comme un fou avec Hervé Turgeon, mon grand chum du primaire. En octobre, Richard Caron m’invite à Londres avec ses parents. Dommage que ce dernier ait choisi de prendre ses distances au fil des années. Je lui dois tant. Au printemps, je vis le spring break à Cocoa Beach, en Floride. Quelle semaine intense, sur un camping au milieu de nulle part!

HEC Montréal, l’AIESEC, le travail à temps partiel pour Hudson’s Bay Company, en tant que préposé au recouvrement pour l’est du Canada. Les congrès aux quatre coins du Canada, à Détroit. Les deux mois de travail en Yougoslavie, à l’été 1989. Le congrès de dix jours à Katowice en Pologne. Ces visites très chargées émotivement à Auschwitz et sur les plages du débarquement en Normandie, en août 1990.

La suite, je la décrivais dans mon précédent billet. Venmar, Gladu, la CIGM. Un certificat en créativité à l’université de Montréal, un autre en création littéraire à l’UQAM. Et toujours cette implication dans l’AIESEC, pour redonner aux jeunes ce que j’ai reçu. Pour les aider à grandir comme je l’ai fait. 

Étrangement, on se souvient toujours des gens qui sont loin de nous et on oublie nos proches. Ils sont toujours là. Pourtant, on les prend pour acquis on dirait. Le lien commun de mes 20 premières années, celles passées à Ste-Foy, c’est ma famille. Ma mère, mon père, ma sœur, mes oncles, mes tantes, cousins et cousines Côté et Fortin. L’esprit de famille, il me vient d’eux. J’aimais tellement entendre les grandes personnes raconter leurs folies de jeunesse. Les oncles et tantes se font vieux aujourd’hui. Les ti-jeunes cousins et cousines le sont devenus, les grandes personnes. Quand c’est rendu que les enfants de mes cousins deviennent parents, c’est peu dire…

Le lien commun des 22 dernières années, c’est Nathalie. Parfois, je me demande ce qu’elle me trouve. Moi, l’être solitaire qui s’imagine voguer sur les mers du monde, parti pendant des mois. Grâce à elle, je suis établi à la campagne et je m’y sens très bien. J’ai les pieds ancrés dans la terre et les yeux rivés vers le ciel. Le ruisseau qui coule au bas de notre terrain se jette dans le Richelieu, qui lui se jette dans le fleuve, puis le golfe et enfin l’océan. D’ici, je suis lié au monde.

Le réveillon des Lemieux se passe chez nous cette année. Jeannine et tante Armande passent le flambeau aux plus jeunes. Les enfants vieillissent, l’éclat de Noël ne brille plus autant dans leurs yeux. Ce soir, en observant les lumières scintiller dans le sapin, je verrai chaque souvenir, chaque personne, chaque lieu qui m’a marqué. Le plus beau cadeau, selon moi, c’est exprimer de la gratitude envers la vie.

Ce soir, arrêtez le temps. Plongez quelques instants dans vos souvenirs. Sortez les moments magiques. Remerciez la vie.

Bon réveillon!

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