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23 avril 2015

Tourner la page.


La pluie tombe, froide. Debout sur le sable, au pied de la structure en bois du parc nautique de Cap-Rouge, je laisse les souvenirs m’envahir. À ma gauche, les roches qui protègent le chemin de la Plage Jacques-Cartier. En face, le fleuve et la marée montante. Quelques blocs de glace, épars, rappellent que l’hiver cède sa place au printemps. Maman venait ici tous les jours, en après-midi. Elle s’installait sur le banc et laissait, comme je le fais en son souvenir, porter son regard sur le majestueux fleuve Saint-Laurent, coulant vers le Golfe du même nom, puis vers l’Atlantique et le monde.

La montre Polar indique 18 h 10, en ce lundi 20 avril 2015 qui marquera mon histoire personnelle. Il y a soixante minutes, je quittais le bureau du notaire Robitaille à Pont-Rouge. Je venais d’apposer, tout comme l’acheteuse, ma signature au bas de l’acte notarié. Le 728 avenue du Château, passe, après 37 années, 9 mois et 14 journées, aux mains d’une nouvelle famille. Les vœux de maman sont exaucés : la maison sera rénovée et habitée. Et non pas détruite et remplacée par ces nouvelles maisons de ville qui utilisent l’espace au maximum permis par les règlements (par exemple, comparez les photos de la maison de mon parrain).


Le lilas de grand-papa Arthur, dont papa avait transplanté une branche lors de l’achat de la maison, pourra continuer à s’épanouir et enrober la cours arrière de son arôme printanier.

Dans quelques minutes, une fois la bière Écume de l’Abri de la tempête (micro-brasserie des Iles-de-la-Madeleine) terminée, j’emprunterai la Côte de Cap-Rouge. Je passerai devant les Jardins Logidor, résidence d’ainés où mon oncle, Benoit Roberge, a vécu ses derniers jours. Poursuivant sur le chemin Ste-Foy, je tournerai à gauche sur le boulevard Pie-XII, puis à droite sur Carré de Nevers. Devant la maison blanche et verte située au 3494, j’aurai une pensée pour ma tante Yvonne. À droite sur Du Trianon, je monterai puis descendrai avant de m’engager sur l’avenue du Château à gauche. Roulant à très basse vitesse, j’observerai une dernière fois la maison de mon enfance, qui appartient maintenant à Josée. En effectuant l’arrêt d’usage au coin Colonel Jones et de la Chesnaye, je penserai à mon parrain Jean-Paul. Je m’engagerai ensuite sur l’autoroute Duplessis en direction des ponts, puis la 20 me ramènera à Richelieu.



Il y a trois jours, le 17, Mathieu et son équipe de hockey, les Patriotes du Richelieu Junior AA, jouaient aux championnats provinciaux, la Coupe Dodge. Dans le tourbillon des émotions liées à la partie endiablée se déroulant devant nos yeux, j’ai « oublié » qu’il y a deux ans, le cœur de papa s’arrêtait en pleine randonnée de vélo, sur la piste cyclable du boulevard Versant Nord. Sa première sortie de vélo de la saison. Vendredi, j’ai donc eu une belle preuve de la phrase : « vivre dans le présent ». Quand tu y es plongé à 100%, le passé et le futur cèdent leur place aux sensations du moment.

Autant 2013 fut sombre à certains égards, autant 2014 fut l’année création. En avril, de retour de la Russie, la tête remplie de rêves, j’écrivais sans relâche ce qui est devenu mon premier livre : Le journal d’un passionné de Jeux olympiques, quand le bénévolat devient un tremplin. Aujourd’hui, chez le notaire, j’étais connu comme « Christian Fortin, auteur, résident au… »

Le règlement de la succession de maman, et ses dizaines de petites tâches qui demandent tant de temps, tire à sa fin avec cette transaction notariée.

L’heure de rêver haut et fort à ce que ressemblera ma vie dans les quarante prochaines années sonne. Le fil conducteur ? Des gens. Des lieux. Des histoires. Un carnet, un stylo pour tracer les liens.

Les étapes ? Tout d’abord, compléter la maîtrise en gestion de la formation. Présenter les résultats de notre recherche action à Paris et Bruxelles du 28 septembre au 2 octobre prochain. Puis, rédiger le bilan intégrateur de ce parcours ayant exigé trois ans d’efforts soutenus. Bilan qui deviendra mon plan d’affaires. Ensuite, poursuivre ma découverte du monde, par le biais des événements associatifs qui rassemblent les gens autour du partage des connaissances. Enseigner cette passion, au niveau collégial et universitaire.

Poursuivre l’écriture et les conférences. Accompagner Nathalie dans ses congrès. Et qui sait, jouer avec mes futurs petits-enfants ! Enfin, laisser le vent de la liberté me porter, sur un Harley et à bord d’un voilier.

Merci maman et papa d’avoir unis votre destinée et de nous avoir mis au monde afin d'y donner le meilleur de nous-même.


Eh oui, l’avenir s’annonce lumineux.

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