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13 février 2014

Jour 4 – Quatre jours ? Ne serait-ce pas plutôt dix, vingt ?

La plupart de mes amis bénévoles qui avaient débuté des blogues pour les Jeux ont abandonné. Les journées sont longues, pris que nous sommes dans cet incroyable tourbillon qui nous enveloppe. La plupart d’entre nous débutons nos journées vers 5 h 30, 6 h. Elles se terminent aux alentours de minuit, une heure. Entre cela, on passe de sept à neuf au travail, environ quatre dans le transport et le reste à jaser entre nous, à partager ces rencontres et observations que nous faisons. Ou encore à explorer le Parc olympique et les environs.

Nous avons perdu la notion du temps. Nous ne savons plus quel jour nous sommes, il y a combien de temps que nous sommes ici. À un point tel que j’ai parfois l’impression de me répéter dans mes billets. Nous sommes en Russie, les Jeux sont en cours. Les transports en commun sont remplis de spectateurs, de bénévoles et d’employés. Il y a ceux qui assistent aux Jeux et ceux qui les font. La machine logistique est ÉNORME. Je pense qu’il faut le vivre pour le réaliser. Pour une diffusion de compétition d’une heure, il y a des centaines (des milliers ?!) de personnes impliquées.

Je pourrais faire comme mes collègues, et abandonner le blogue, en me contentant de prendre des notes dans Moleskine et de publier le tout à mon retour. Je ne le ferai pas. Parce que je veux vivre de ma plume. Je veux raconter ces histoires qui lient les gens et les lieux. Parce que je suis un taureau qui prend parfois du temps à se décider. Une fois parti cependant, attention ! Il est 22 h 30, en ce jeudi 13 février. Je suis dans la tente qui nous sert de lieu de rencontre. Trois écrans de 42 pouces diffusent les compétitions. Des dizaines de gens m’entourent. Les écouteurs sur la tête, j’écoute Jango, un site de musique en streaming. J’essaie d’entrer dans ma bulle.

Mardi le 11 donc. Notre équipe était en bas de la montagne, là où tous les gens accèdent aux gondoles qui montent à Pryut 1, le chalet de Laura. Je me suis retrouvé dans la tente où les détenteurs d’accréditation doivent passer. Nos badges possèdent une puce électronique qui est lue par les bornes d’accès, un système plus sophistiqué que celui utilisé à Vancouver. Ça n’a pas pris de temps que les gens ont su que j’étais canadien. Je me suis lié d’amitié avec un des “mauves” (nous nommons ainsi les gens de la sécurité à cause de leur uniforme). Dans les temps morts, nous avons jasé de nos vies respectives. Il a deux enfants, dont une âgée de six mois. Il a 35 ans et est policier dans sa ville.



Dans un coin, une jeune policière veille sur son magnifique berger allemand. Ils sortent lorsque des camions et des autobus arrivent. Quand la fille quitte quelques instants, son chien gémit et ne quitte pas des yeux l’endroit où elle a disparu. Ils sont en symbiose totale. Andrey a remarqué ma fascination pour le berger allemand. Il a demandé à la policière s’il pouvait me prendre en photo avec lui. Elle a acquiescé, me donnant même la laisse ! Quelle belle marque de confiance. J’en suis profondément honoré et ému.

Environ quarante-cinq minutes plus tard, je vois un grand russe entrer. Je reconnais le CEO du comité organisateur, Dmitriy Chernyshenko. Je lui souhaite la bienvenue. Et une bulle d’air me passe dans le cerveau et je lui demande une photo ! Il accepte. Je lui dit à quel point je suis fier de participer au succès de ses Jeux olympiques. J’ai eu une photo avec John Furlong, j’en ai une avec Dmitriy Chernyshenko. Ma Team Leader n’en revient tout simplement pas de cette chance qui semble me courir après. Elle m’a dit ceci : "Christian, you are so positive, helpful and smiling all the time that people give you back." Wow! Quand on dit que l'enthousiasme permet de déplacer des montagnes... Elle vient de m'en faire la preuve!

Une autre journée à Sochi achève. Tout comme ma batterie d’ailleurs, qui est rendue à 15 %. Je publie ce billet sur Blogger en ajoutant des photos et hop, au dodo.

1 commentaire:

  1. Salut Christian,

    Je lis tes publications avec beaucoup d'intérêts.J'ai l'impression d'être un peu là-bas, accrochée à ton épaule pendant que tu tripes. Je suis contente que tu aies décidé de continuer d'écrire aussi souvent que possible, malgré la fatigue. Tu sais… les olympiques ça ne durent pas longtemps et tu pourras dormir dans l'avion en revenant. Entretemps, continue de nous faire rêver….

    Merci pour tout !

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